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jeudi 3 juillet 2014

Allo Paris








Des rubans de goudron t'accueillent en autoroute. Il n'y a pas de miroir dans le rétroviseur du bus. Le mot miroir n'existe plus. Il y a de la fumée sur le périphérique, une pollution salée et une odeur de fric. Encore une ville qui attendait que tu reviennes, mais cette fois tu sais ou aller. Tu connais la planque des sales gosses, ceux qui veulent vivre comme des volcans en permanence, comme toi.

Le soleil tombe dans le canal comme un abricot de lumière. Ca éclabousse un peu. Loubard te marmonne un truc rassurant, ou un truc déprimant je sais plus. On râle ensemble évidemment, puisque personne veut jouer à vivre, puisque le monde entier a les chocottes dès que les choses ont l'air trop belles. On dit " Bande de tapettes ", on dit " Garde la, ta vie sans vagues". On jette nos mégots violemment, pour avoir un truc à jeter. On serre un peu les dents, on les mettra sous l'oreiller.

Les lieux t'attendent toujours, les villes ne mentent jamais. Ici je me souviens de toi, et là-bas mon premier baiser. Tu finis par poser ton sac dans la cabane des Amazones, c'est la grande Cavalerie et tu retrouves le bruit d'un rire. Enlever enfin ses pompes sur un canapé mou et les trouver jolies. Dans la salle de bain, bien sur, il n'y a pas de miroir. Mais dans le salon, des livres de magie noire.

C'est aux alentours de midi que le monde retrouve tout son sens. C'est simple en vérité, plus simple que n'importe quoi : Les automatismes du cellophane, l'odeur familière du désinfectant, la texture poreuse des gants noirs, et l'habituelle lumière blafarde d'un halogène saucissonné dans du plastique. Le moment de jubilation ultime survient quand tu appuies sur la pédale. Tout est parfaitement à sa place.

Tu pousseras le vice jusqu'à pousser la porte de tes vieux démons parisiens. Après tout tu n'as rien à perdre, un soleil mort entre les mains. Des rubans de goudron t'accueillent en autoroute, des souvenirs en carton et parfois quelques doutes. A la terrasse de ce café quelqu'un fait tomber la théière. Et personne n'a rien remarqué puisque le monde est à l'envers.

1 commentaire:

  1. les villes sont le reflet de. passé et futur. il n'y a que présent.

    et pourtant tous tes mots, comme les miens comme les leurs ont fondu dans l'internet. les mots du passé. sur 20six. quand t'avais pas cet age là justement.

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